J’ai disparu 3 semaines pour construire ma propre machine à contenu
Après des années de disette, j’ai repris la création de contenu très sérieusement depuis novembre dernier :
- Je publie quotidiennement sur LinkedIn
- J’ai réactivé ma newsletter hebdomadaire
- Et j’ai publié plusieurs articles de blog
Et franchement, ça m’a fait du bien. Ça me manquait terriblement de créer du contenu.
Ça m’a donné de nouvelles idées. Ça m’a permis de clarifier ma réflexion sur certains sujets. Et j’ai retrouvé le lien avec la communauté.
Mais après quelques mois, je me suis senti un peu perdu.
J’avais la sensation que mon contenu partait dans tous les sens, sans ligne éditoriale claire. Je passais beaucoup de temps dessus… mais pour quoi exactement ?
J’avais besoin de mettre tout ça au clair. C’est pour ça que j’ai un peu disparu ces dernières semaines.
Alors qu’est-ce que j’ai fait ?
J’ai créé mon propre outil de création de contenu.
C’est l’outil ULTIME dont je rêvais. Et comme développer des outils c’est mon métier, bah… je me le suis offert.
J’en ai essayé plusieurs, mais aucun n’arrive à mêler planification éditoriale, organisation du contenu, et assistance par l’iA.
Donc j’ai codé mon outil. Avec une appli Shiny (forcément), que j’ai appelée MarketChamp’.
Concrètement, ça change quoi pour moi ?
Avant d’aller dans les détails, le résultat opérationnel :
- Capturer une idée me prend 10 secondes, où que je sois
- La qualifier prend 5 minutes
- Je ne pars plus jamais d’une page blanche au moment d’écrire
- Mon calendrier de publication s’auto-équilibre par construction entre mes piliers et mes objectifs
C’est cette dernière ligne qui était la plus dure à obtenir. J’y reviens.
Pour te montrer comment la machine tourne, le mieux c’est de suivre une idée depuis le moment où elle me vient jusqu’au moment où elle est publiée.
Lundi 14h : l’idée arrive
Je suis en réunion avec un client. Il me raconte qu’il a un projet Shiny en interne qui rame depuis 6 mois et que personne ne comprend pourquoi.
Bing. Idée de post.
Avant : J’aurais eu l’idée de génie. Je me serais dit que je devrais écrire dessus. Et j’aurais repris la conversation avec le client. Évidemment, après le call, l’idée est complètement oubliée.
Maintenant, j’ouvre mon app d’email, j’envoie un email à une adresse dédiée. Sujet : « Apps Shiny qui rament - anecdote client X ». Corps : 2-3 lignes pour me rappeler le contexte.
C’est tout.
Côté MarketChamp’, un job tourne en continu et va chercher les nouveaux emails. L’idée est stockée en base et elle attend.
L’objectif, avec l’email, c’est d’avoir le moins de friction possible. Quasiment à chaque instant de ma vie je peux envoyer un email.
Vendredi matin : la session de qualification
Une fois par semaine, je m’assois 30 minutes devant MarketChamp’. Mes idées brutes m’attendent, et je vais les transformer en idées qualifiées.
C’est quoi, une idée qualifiée ?
Une idée qui contient tout ce dont mon « moi futur » aura besoin pour écrire le post sans réfléchir :
- Un angle narratif (pas le sujet mais la direction du post)
- Une tension émotionnelle (ce que le lecteur doit ressentir, ou ce que j’ai ressenti)
- Les détails concrets à mobiliser (des noms, des chiffres, des détails croustillants)
- Les questions ouvertes à trancher au moment d’écrire
- Un ancrage stratégique : pilier + verticale + objectif
Par contre, faire ce travail à la main pour chaque idée, c’est dur. « Euh.. la tension émotionnelle ? »
C’est là que l’IA entre en scène.
L’IA comme co-éditrice
L’IA ne peut pas écrire à ma place.
Par contre, elle peut m’aider dans mon process créatif. Convertir une idée brute en idée qualifiée revient en fait à synthétiser et organiser une bouillie verbale (ce que j’ai en tête) en une structure exploitable. Et ça, les LLMs sont très forts.
Concrètement : je clique sur l’idée « Apps Shiny qui rament ». Une sidebar s’ouvre avec un chatbot. Je lui raconte tout ce que j’ai en tête, en vrac. Le contexte client, ce qui m’a frappé, pourquoi je trouve que c’est intéressant à raconter, les détails techniques.
Plus j’en dis, mieux c’est.
Il me propose alors :
- Un titre travaillé
- Un angle narratif (« partir de la plainte du client pour démonter le mythe du code lent »)
- Une tension (« frustration de l’équipe qui ne sait plus quoi faire »)
- Une liste de détails concrets à garder sous la main
- Un ancrage stratégique cohérent (Expertise R/Shiny → performance → objectif Notoriété)
- Et il remplit directement le formulaire via des tool calls
L’IA n’invente rien. Elle ne fait que modeler la matière première que je lui ai donnée.
Je relis, j’ajuste, et je valide. Ça m’a pris 5 minutes.
Et le calendrier ?
C’est l’autre truc que le chatbot fait à ma place. Mon calendrier éditorial est cyclique sur 8 semaines. Chaque jour du cycle est pré-assigné à un pilier et un objectif. Au bout des 8 semaines, le cycle recommence.
Pourquoi ce système ? Parce que ça force la variété par construction. Je n’ai plus à me demander « est-ce que je parle trop de Shiny en ce moment ? » : la réponse est dans le calendrier.
Une fois l’idée qualifiée, le chatbot appelle un tool find_available_slots qui cherche le prochain créneau libre matchant le pilier+objectif de l’idée. Il me propose une date. Je valide. C’est planifié.
L’idée passe au statut planned.
Mercredi suivant 9h : l’écriture
Le jour J, je m’assois devant l’éditeur de MarketChamp’. À gauche : la fiche qualifiée de l’idée du jour. À droite : un éditeur de texte.
J’ai sous les yeux :
- Le titre, l’angle, la tension, les détails
- Le pilier et l’objectif
- Les posts de la même semaine (pour gérer la synergie LinkedIn ↔ newsletter)
- Mon guide de style perso
- Un assistant qui peut rédiger un premier jet si je le demande
Le post s’écrit en 20 minutes. Parce que tout le travail de réflexion a été fait en amont, au moment de la qualification. J’ai juste à “raconter”.
L’idée passe au statut drafted, puis done une fois publiée.
Ce qui marche, ce qui rate
À l’origine, je voulais surtout inventer ma méthodo, et construire un outil autour de cette méthodo. Je n’avais pas du tout anticipé que l’IA aurait une telle place.
Pour moi, à ce jour, l’IA dans la création de contenu = nul. C’est vraiment le cas typique du “slop IA” avec du contenu générique, incohérent, et chiant.
D’ailleurs, j’ai ajouté une brique « Générer un brouillon » dans la phase d’écriture. Et même en lui injectant plusieurs mois de contenu, c’est toujours nul. Parfois ça m’aide un peu à sortir de la page blanche, mais je dois toujours réécrire par moi-même.
Mais sur la phase de qualification, je suis bluffé. En une séance, je peux planifier plusieurs semaines de contenu. Et surtout, l’agent est autonome pour la planification. Il trouve les créneaux dispos, peut échanger des sujets, il regarde si l’enchaînement des sujets est cohérent, etc.
C’est un vrai assistant.
Là où il y a encore beaucoup de travail, c’est dans l’ergonomie de l’appli. J’ai construit ça dans mon coin, à l’arrache, et les morceaux d’interface Shiny s’empilent les uns sur les autres.
Ça marche… pour moi… la plupart du temps.
Mais ça reste un outil vivant. Dès que j’en ressens le besoin, je rajoute la feature dont j’ai besoin.
C’est l’avantage de coder son propre outil.
D’ailleurs, tout à l’heure j’ai rajouté le module pour qualifier, et écrire, mes newsletters. On s’y retrouve :)
- Charles
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